Par 4 avril 2019

Plusieurs millions pour les boursiers/ères: une victoire importante pour les jeunes du canton!

Après plusieurs années de luttes (voir à la fin de ce communiqué un rappel de trois actions emblématiques du syndicat), de travail au quotidien avec les boursiers/ères, et des mois de négociation entre notre syndicat (entre autres) et le Département concerné, le Conseil d’État a, hier, augmenté de près de 3 millions le budget des bourses d’études. Plusieurs revendications portées par SUD-EP depuis plus de 5 ans seront appliquées dès la rentrée 2019.

La mobilisation des gestionnaires de dossier de l’OCBE, avec le soutien de la Fédération syndicale SUD et de SUD-EP, obtient également une avancée significative avec la pérennisation de 7 postes à plein temps pour traiter les demandes de bourse.

500.– en moyenne de plus par année pour les boursiers/ères

L’ensemble des mesures adoptées permettra d’augmenter de 500.- par année en moyenne le budget des boursiers/ères. Néanmoins, nous regrettons que ces avancées soient entachées par une régression qui frappera en particulier les nouveaux/elles demandeurs/euses

  1. Augmentation de 7 à 10.- du forfait repas pris à l’extérieur. Depuis 2013, SUD-EP a lutté contre la décision du Conseil d’État de baisser les frais de repas compris dans la bourse de 11.- à 7.- par jour. Aujourd’hui, le gouvernement fait un pas en arrière dans le sens de notre revendication, portée constamment depuis 2013.
  2. Frais de transport augmenté au niveau des abonnements «Mobilis». Jusqu’à présent, le forfait donné pour les transports était en dessous du prix d’un abonnement «Mobilis» normal! Il ne correspondait donc, comme souvent avec les forfaits, pas à la réalité du coût… C’était aussi une de nos revendications.
  3. Accès à l’indépendance améliorée. Depuis la loi de 2013, obtenir la reconnaissance de l’«indépendance financière» était devenu un chemin de croix. Il s’agit du statut le plus progressiste du système, car il permet de ne plus prendre en compte les revenus des parents pour calculer la bourse. Pour l’obtenir, il faut justifier des revenus indépendants pendant 6 ans avant ses études, ou 2 ans si on a une formation professionnelle préalable… Le Conseil d’État revient légèrement sur ces conditions drastiques en assouplissant le calcul effectué pour devenir indépendant. Il ne faudra plus seulement justifier un montant pour chaque mois des 6 ou 2 années, mais montrer que l’on avait un revenu suffisant pour une année entière.
  4. Un point noir dans les décisions. Le Conseil d’État a décidé que, dorénavant, après le dépôt de la demande de bourse, celle-ci ne sera plus attribuée à partir du début du mois de la demande, mais du mois suivant. L’objectif étant de faire des économies qui permettent de financer en partie les mesures précédentes. SUD-EP va donc s’atteler à réduire au maximum cette régression, en informant partout que la demande de bourses peut et doit être déposée dès le mois d’avril précédent l’année de formation.

Finalement, l’ensemble des mesures augmentera de 2,8 millions le budget des bourses. Les améliorations seront de 4,4 millions, et le Conseil d’État espère faire 1,6 million d’économies avec le dernier point.

Victoire pour les gestionnaires de dossier!

Depuis 2016 et les retards astronomiques pris par l’Office pour traiter les demandes, SUD ne cesse de revendiquer une augmentation massive du personnel. La sous-dotation était structurelle, chaque gestionnaire devait traiter plus de 1’500 dossiers par année. Burn-out, maladies, très nombreuses heures supplémentaires et des retards de parfois plus d’un an pour les boursiers/ières: tout cela était inacceptable. La décision du Conseil d’État de pérenniser 7 ETP vient répondre à la mobilisation du personnel de l’Office et de notre Fédération syndicale. Nous sommes enfin arrivés à environ 900 dossiers par gestionnaire. Notre objectif reste 500 dossiers par équivalent plein temps, comme la moyenne genevoise, et nous continuerons également à revendiquer une revalorisation salariale pour les gestionnaires de dossiers.

Des années de combats pour inverser la tendance

SUD Étudiant-e-s et Précaires a démarré son activité il y a plus de 5 ans en entrant dans la lutte contre la loi sur les bourses d’études de 2013. Depuis, nous travaillons sans cesse pour organiser à la fois la défense individuelle des boursiers/ères et la construction d’une action collective afin d’améliorer les conditions de vie des travailleurs/euses en formation. Occupation, manifestations, interventions publiques, discussions parfois tendues avec les autorités se sont succédé.

Et la tendance s’inverse enfin. Nous nous en réjouissons et il faut renforcer ce mouvement. Cette première étape d’améliorations significatives doit marquer définitivement la fin des mesures d’austérité qui ont caractérisé la précédente période. Les mesures adoptées viennent en partie rattraper les régressions des précédentes années. C’est essentiel. Il faut que le Conseil d’État, et Mme Ruiz en particulier, prenne maintenant toute la mesure de la précarisation sociale générale de la jeunesse – à la formation comme au travail – pour construire une politique sociale innovante et porteuse d’émancipation. Seule notre lutte leur montrera le chemin. Seule la lutte paiera.

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TROIS ACTIONS EMBLÉMATIQUES DE SUD-EP POUR LES BOURSES

Le 18 décembre 2013, SUD-EP a organisé sa première manifestation
contre la nouvelle loi sur les bourses d’études portée par Mme Lyon et le Conseil d’État.
Les revendications portaient notamment sur les frais de repas et le sort des boursiers/ères indépendant-e-s.

Le 12 décembre 2016, SUD-EP occupait l’Office des Bourses d’études et prêtait main-forte aux gestionnaires. Nous avions également remis des salades à Mme Lyon pour exiger d’elle qu’elle arrête de nous en raconter…

Nous revendiquions une augmentation du personnel face aux retards astronomiques accumulés (parfois un an d’attente avant d’avoir une réponse). Le 22 novembre de la même année, SUD-EP remettait avec d’autres organisations une lettre ouverte au Conseil d’Etat s’agissant de ces mêmes retards.

Le vendredi 8 mars 2019, nous avions remis au Conseiller d’État Pierre-Yves Maillard, futur président de l’USS, un débardeur blanc sur lequel on pouvait lire: «Boursiers – boursières solidaires de leurs gestionnaires».

Une délégation du personnel de l’office cantonal des bourses d’études et d’apprentissage (OCBE) accompagnée par son syndicat le Syndicat Général de la Fonction Publique – membre de la Fédération syndicale SUD (SGFP.SUD) – et par le syndicat SUD Etudiants·e·s et Précaires ont rencontré le Conseiller d’État et Chef du DSAS dans le cadre de l’ouverture de négociations sur les conditions de travail délétères des gestionnaires de dossiers spécialisés de l’OCBE.

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