Par 6 mars 2014

Jeu de tartuffes : le PS et l’UDC font les poches des étudiant-e-s et renforcent la division sociale

Sans doute, la suppression des possibilités d’échanges en Europe (ERASMUS) et le projet de loi de Mme Lyon qui péjore les bourses dans le canton de Vaud, ne leur suffisaient pas. Deux nouvelles mesures viennent faire les poches des étudiant-e-s. Nous avons affaire à un véritable processus politique de précarisation de la condition étudiante.

À cause des votes décisifs des parlementaires socialistes (29 oui), main dans la main avec le bloc UDC et les Verts libéraux, une motion de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture a été approuvée aujourd’hui par le Conseil National ouvrant la possibilité du triplement des taxes pour les étudiant-e-s étrangers/ères dans les EPFs. Cette motion reprend quasi-intégralement l’initiative parlementaire de M. Nordmann (PS). Elle frappe aussi les étudiant-e-s suisses car elle permet une augmentation des taxes d’études au-delà du renchérissement.

La division des jeunes en formation entre Suisse-sse-s et étranger/ères s’inscrit clairement dans le sillage de la votation du 9 février. Cette nouvelle attaque approfondit la construction de deux conditions étudiantes selon le passeport : la condition des jeunes Suisse-sse-s avec certains droits et celle des jeunes étrangers/ères qui, déjà aujourd’hui, est faite d’insécurité et de restrictions. Des organisations politiques qui défilaient hier pour une « Suisse ouverte et solidaire » font aujourd’hui le jeu anti-social de l’UDC.

Tripler les taxes pour les étrangers/ères au lieu de les doubler pour tout le monde : voilà la recette trouvée par les parlementaires socialistes. Une politique du moins pire déplorable qui enferme et ne permet aucune alternative. Il faut opposer à cela, non seulement l’égalité, mais aussi l’exigence que le gouvernement suisse entreprenne des négociations avec l’ensemble des Etats européens pour que les jeunes d’ici puissent aller étudier où ils/elles le veulent, à égalité de condition avec les étudiant-e-s des autres pays et réciproquement. C’est ça une politique d’ouverture.

Deuxième attaque : alors que le Grand Conseil valaisan, suite à une mobilisation, avait refusé une coupe de 3,5 millions dans les bourses d’études, le Conseiller d’Etat Freysinger persévère dans son travail de sape du service public de la formation. Il revient avec un projet de décret gouvernemental pour tailler de 3,6 millions dans ces mêmes bourses et mène une politique générale de précarisation du personnel enseignant.

Nous refusons cette logique de division sociale. Nous revendiquons l’égalité de condition et de droits pour tou-te-s les étudiant-e-s :

  • NON au triplement des taxes dans les EPFs pour les étrangers/ères.
  • Egalité d’accès aux études pour toutes et tous les jeunes, partout en Europe, quelle que soit leur nationalité.
  • Droit pour les étrangers/ères à un permis stabilisé sur plusieurs années et sans restriction de travail. Arrêt des expulsions en cas d’échec. Droit de séjourner après les études.

Nous voulons vivre et étudier sans galère :

  • Des bourses suffisantes et accessibles, couvrant réellement les besoins.
  • Un salaire minimum, pour tous les emplois, à 4000 CHF x 13, soit 22.-/h + 13ème.

SUD Étudiant-e-s et Précaires appelle les jeunes en formation et les organisations étudiantes à une assemblée de mobilisation, le 20 mars 2014, à Lausanne.

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