Par 24 janvier 2016

Doublement des taxes d’études à l’EPFL: nous ne serons pas des vaches à lait pour les cadeaux fiscaux aux gros actionnaires!

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Ce matin, dans la presse dominicale, le président de l’EPFL Patrick Aebischer est revenu à la charge sur les taxes d’études : il annonce le doublement de celles-ci dès la rentrée d’automne 2016. Cette mesure intervient dans la roue du programme drastique d’austérité annoncé par le Conseil Fédéral pour financer les milliards de cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et gros actionnaires à venir (RIE III).

Nous prenons actuellement la mesure des programmes d’austérité et du mécanisme de frein à l’endettement automatique qui lui est lié. Dans le canton de Vaud, le Conseil d’Etat entend faire 500 mios de cadeaux fiscaux par an. La Confédération, quant à elle, annonce 1 milliard de coupes pour les trois prochaines années. C’est la population qui financera cet énorme transfert de richesse, c’est le bien commun qui est attaqué.

Aujourd’hui, c’est donc au tour des étudiant-e-s et de leurs parents d’être appelés à mettre la main à la poche avec toutes les conséquences que nous connaissons : recul de la démocratisation des études, précarisation et endettement des jeunes, nécessité de travailler en marge de ses études… C’est aussi une conception des études comme relevant d’un service public de bien commun qui est combattue par les centres de pouvoir.

En s’en prenant ainsi aux étudiant-e-s, la Confédération et le Conseil des EPFs ne visent pas simplement à combler des trous dans le budget. C’est un nouveau paradigme qui est mis en place : la marchandisation des études ; c’est-à-dire que la formation devient un investissement individuel des étudiant-e-s devenu-e-s capital humain. Cette politique tente d’imposer partout que les personnes en formation assument seules le coût de leurs études avec ce que cela implique pour leur vie et celle de leur entourage, y compris à long terme.

Les jeunes seront donc contraint-e-s de mettre à contribution encore plus leur famille, retrouvant le temps révolu où celle-ci se sacrifiait pour qu’un-e des leurs puisse faire des études. Les jeunes seront donc contraint-e-s de contracter des prêts les asservissant de longues années par un remboursement interminable. Les jeunes seront donc contraint-e-s d’accepter n’importe quel travail à n’importe quel salaire, prolongeant inutilement la durée des études et augmentant le risque d’échec.

La lutte contre cette politique est une lutte qui traverse de nombreux pays. À cela, les mouvements étudiants répliquent par des mobilisations sociales et populaires qui portent partout la revendication de la gratuité des études : Chili, Angleterre, Québec, Afrique du Sud, etc. C’est aussi notre position.

La direction de l’EPFL doit retirer son projet immédiatement. Tout le monde sait où se trouve l’argent pour financer le service public : ce n’est certainement pas dans la poche des étudiant-e-s et de leurs parents. Notre syndicat appellera à une mobilisation large contre ce nouveau projet si celui-ci en vient à être confirmé.

Lausanne, le 24 janvier 2015

SUD-EP

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