Par 20 mars 2020

Apprenti-e-s, stagiaires des secteurs « essentiels », travailleuses et travailleurs précaires en formation ou non – Pour l’égalité de traitement, pour un revenu minimum garanti !

Apprenti-e-s
Aujourd’hui, les apprenti-e-s en formation duale qui travaillent dans les secteurs «essentiels» ou dans les secteurs qui n’ont pas reçu l’ordre de fermer continuent à se rendre sur le lieu de travail. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus appeler les entreprises où elles/ils se rendent «entreprise formatrice», et ce y compris dans le service public. Le suivi pédagogique a disparu, l’aspect formatif est totalement submergé par la nécessité de la production, du maintien des services. Nous traversons une crise. Ces travailleuses/eurs, hier «en formation», sont aujourd’hui des travailleuses et travailleurs tout court.
De deux choses l’une : les apprenti-e-s, en dehors des secteurs «essentiels», doivent être renvoyé-e-s à la maison, par égalité de traitement avec tou-te-s les autres jeunes en formation dans d’autres filières (gymnase, écoles supérieures, hautes écoles…) – ceci, naturellement, sans
perte aucune en termes de « salaire ». Nous demandons au Conseil d’Etat de faire pression sur le Conseiller fédéral Parmelin en ce sens, et d’agir pour le mettre en place dans le canton.
Pour celles et ceux de ces apprenti-e-s qui sont dans les secteurs «essentiels» où la main d’oeuvre est nécessaire, il faut reconnaître ce qui est: leur travail est nécessaire, ces travailleuses/eurs ne sont plus en formation, elles/ils sont de la force de travail, il faut donc les payer en tant qu’elles/ils sont pleinement exploité-e-s et productifs/ves.


Stagiaires, travailleuses/eurs en formation dans les secteurs «essentiels»
De la même manière que pour les apprenti-e-s de ces secteurs «essentiels», pour ces catégories-là de personnes qui étaient en formation et qui sont désormais de facto réquisitionnées, il faut évidemment considérer la réalité des faits : ce sont des travailleuses et des travailleurs de plein droit, il faut que les salaires correspondent à cette réalité.

Garantir un revenu minimum pour les personnes en formation et les travailleuses/eurs précaires
L’immense majorité des étudiant-e-s du post-obligatoire et du supérieur travaillent à côté de leurs études afin de s’assurer d’un minimum vital. Aujourd’hui l’économie est pratiquement à l’arrêt, dans bon nombre de secteurs où ces étudiant-e-s travaillaient auparavant et sans doute bientôt dans tous les secteurs non-essentiels, par mesure de santé publique (restauration, etc.). Cette population est au bénéfice de contrats qu’on dit encore « atypiques » alors qu’ils sont en passe d’être majoritaires (CDD, contrat zéro heure, contrat temporaire, etc.), bref, autant de
situations exclues pour l’heure des indemnisations pour réduction de l’horaire de travail*. Tout comme les travailleurs/euses indépendant-e-s et sur mandat, parmi lesquel-le-s se trouvent également des étudiant-e-s, ces gens risquent tout simplement de se trouver sans le sou – si ce n’est pas déjà le cas.

Il faut de toute urgence la mise en place d’un fonds social pour les personnes en formation. En référence aux premiers montants débloqués le 18.03.2020 pour le secteur économique et le fonds cantonal de lutte contre chômage, nous demandons de :
1) décider d’allouer 100 millions de frs à un fonds d’aide aux personnes exclues des dispositifs
du chômage partiel/technique, et aux personnes en formation subissant un arrêt subit de revenu.
2) décider d’allouer 50 millions de francs pour ouvrir l’accès à l’aide sociale (Revenu d’insertion) aux personnes en formation dont la situation financière le nécessite et garantir ainsi que personne ne se trouve sans ressource.
Naturellement, ces montants devront être réévalués rapidement et augmentés selon les besoins.

Télécharger en PDF notre courrier au Conseil d’Etat vaudois

* Le Conseil fédéral a désormais assoupli les critères d’octroi de l’indemnité pour réduction de l’horaire de travail: les apprenti-e-s et les personnes en contrat de durée déterminée (CDD) pourront notamment la toucher.

Catégorie(s) : Coronavirus, Prises de position

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