Par 8 décembre 2014

Logement étudiant à la FMEL : mettre fin aux restrictions, aux contrôles, aux sanctions et aux expulsions!

2014-12-08-FMEL-lettrefondation_Page_1Téléchargez la lettre au Conseil de Fondation de la FMEL

2014-12-08-tractfmel_Page_1Téléchargez le tract en PDF (à diffuser dans toutes les maisons!)

Plusieurs étudiant-e-s locataires à la FMEL (Lausanne) ont mandaté notre syndicat afin de dénoncer une situation dégradée des conditions de logement au sein de cette fondation. SUD Étudiant-e-s et Précaires a écrit aujourd’hui au Conseil de Fondation de la FMEL et va, dans les prochains jours, distribuer dans toutes les maisons de la FMEL un tract.

Prétextant la condition étudiante, la FMEL a mis en place des pratiques de contrôle et de sanction. Les règles contraignantes se multiplient, le pouvoir des intendant-e-s s’accentue et les visites de contrôles parfois suivies de sanctions sont le lot commun des locataires. Dans certaines maisons, il est arrivé que des appartements entiers soient expulsés. Nous faisons donc face à une situation grave.

De nombreuses restrictions imposées aux locataires empêchent les étudiants de disposer de leur logement dans des conditions normales. Ainsi, ils ne peuvent pas meubler leur chambre à leur souhait (ne pouvant même pas amener un matelas) et l’hébergement d’amis, même pour un temps limité, leur est refusé. Les intendant-e-s vont jusqu’à exiger le retrait de certains meubles des zones communes, prétextant le motif esthétique. La consommation d’alcool a également été interdite par moment. Cette intrusion incessante dans leur sphère privée tend à leur rappeler qu’ils/elles ne sont pas chez eux/elles.

Des contrôles ont lieu principalement à deux moments : lors des visites hebdomadaires et lors des visites annuelles.  Chaque semaine, avec une « check-list » extrêmement détaillée, les intendant-e-s notent chaque petite parcelle de la zone commune et de la cuisine qui ne seraient pas propres. Après cette méticuleuse évaluation, des injonctions de nettoyage sont données aux locataires et sont la semaine suivante contrôlées. Si ces injonctions ne sont pas respectées, les usagers/ères sont menacé-e-s de frais de nettoyage, d’amendes, et susceptibles après plusieurs avertissements d’être expulsé-e-s. Une fois par année, la Direction de la FMEL procède au contrôle des chambres des locataires. Ces visites sont menées par des personnes dont les locataires ne connaissent ni l’identité, ni la fonction. Aucun motif précis n’est annoncé. De surcroît, la présence des locataires n’est pas nécessaire. A ces visites de contrôle s’ajoute la surveillance permanente par les intendant-e-s des appartements et des zones communes. Ces pratiques constituent une atteinte à l’espace privé et à la personnalité des locataires.

La manière de mener ces visites n’est pas acceptable. Le minimum de politesse et de décence n’est pas toujours respecté. Parfois les intendant-e-s deviennent de véritables chefs qui menacent ou hurlent. Le respect de l’intimité et de l’espace privé des locataires n’est pas garanti. Le droit de disposer librement de son logement non plus. Dans les collocations, la possibilité de s’auto-organiser pour les tâches communes est remplacée par un système de contrôle et de sanctions parfaitement infantilisant.

De nombreuses sanctions menacent les locataires de la FMEL. Il y a les amendes pour avoir accueilli quelqu’un la nuit (70 CHF par personne et par nuit), les frais de nettoyages (50 CHF/h ou plus). Il y a les avertissements avec menace d’expulsion. Il y a aussi les expulsions collectives ou encore, par représailles, la suppression de zones communes à un bloc d’habitation.

L’art. 13 du règlement interne parle de lui-même : « En cas de rupture de contrat avant son terme […] une lourde pénalité sera facturée au locataire (montant indiqué sur le site web www.fmel.ch). La FMEL peut résilier le contrat avec effet à la fin du mois suivant pour les raisons ci-dessous : […] – 3ème plainte pour bruit, hébergement, nettoyage, etc, après deux avertissements (même pour des motifs différents) »

Les locataires de la FMEL doivent avoir les mêmes droits que tout autre locataire. Il n’est pas acceptable que des pratiques disciplinaires spéciales touchent les étudiant-e-s. Ces derniers/ères paient des loyers. Ceux-ci ne sont en rien subventionnés ni par le canton, ni par la Ville de Lausanne. Dans les faits, les loyers par rapport aux logements proposés sont au prix du marché. Les étudiant-e-s sont des locataires normaux/ales, ils et elles doivent avoir les mêmes droits. La disproportion entre les biens loués et les contraintes des contrats n’est pas acceptable.

Nous exigeons :

  1. l’interdiction du contrôle dans les chambres,
  2. le droit de disposer de son appartement librement, cas échéant par décision collective, notamment en pouvant y mettre des meubles,
  3. le droit d’héberger des personnes tierces,
  4. le droit de sous-location comme pour tout locataire,
  5. mettre fin à l’arbitraire, à la disciplinarisation, et à l’accumulation de règles,
  6. mettre fin au contrôle hebdomadaire des zones communes,
  7. s’il y a besoin d’une visite, celle-ci doit être annoncée préalablement avec motifs valables et la possibilité de changer la date,
  8. mettre fin à toutes les sanctions spéciales qu’elles soient financières, avertissements ou expulsions.

Tu as subi ou été spectateur/trice d’une
pratique inacceptable ?
Ton témoignage nous est précieux et nous permettrait de faire avancer les choses.
N’hésite pas aussi à nous contacter si tu as besoin d’aide avec la Fmel ou si tu veux
simplement participer à cette action.
À info@sud-ep.ch ou au 079 / 206 70 16

 

 

Catégorie(s) : Communiqués de presse, Vaud

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