Par 4 avril 2016

Le jeu des caisses vides… mais pleines

caisse

Les comptes de l’Etat du Valais se bouclent avec un excédent de revenus de 95,7 millions. Pourtant, le gouvernement n’envisage en aucune manière de revenir sur les mesures d’austérité draconiennes annoncées il y a moins de deux semaines, pour un montant de… 90 mios. Le Conseil d’Etat joue donc au même jeu que le Conseil Fédéral, qui arrive à annoncer un excédent de 2.3 milliards et en parallèle des réductions budgétaires : cette supercherie a assez duré !

Une liste de mesures interminable

Avec ETS2, l’attaque frappe la formation de plein fouet. Rappelons les principales mesures annoncées : transformation des Écoles de culture générale (ECG) en écoles des métiers avec contrat d’apprentissage, augmentation des taxes d’études HES-SO, arrêt des rémunérations par l’Etat des stages en santé, diminution des bourses d’études dans tous les degrés, attaque sur le budget alloué à la logopédie, suppressions partielles du déboublement des cours de langues, suspension partielle des études dirigées, attaques sur les conditions de travail, etc.

Supprimer l’accès à la culture générale

Il ne s’agit pas que de réductions budgétaires sur la formation. Le gouvernement cantonal met en oeuvre une politique sur l’école qui se subordonne aux demandes et aux intérêts du patronat. Il s’agit de la tentative systématique de liquider l’accès à une construction intellectuelle forte, un accès au savoir et au langage, à la culture générale pour toutes et tous les élèves de ce canton. L’attaque sur la logopédie ou l’enseignement des langues mais surtout la suppression des écoles de culture générale nous permettent de prendre la mesure du mépris que porte ce Conseil d’Etat envers celles et ceux qui sont en difficulté et plus largement envers les classes populaires.

Un système public de formation basé sur des modèles de management d’entreprises, soumis à des fluctuations budgétaires en lien avec une gestion cynique des caisses publiques (qu’on refuse et de remplir et de vider pour le bien général), ne peut tout simplement pas tenir un quelconque rôle de formation efficace en direction de la population. En un mot il abandonne progressivement sa fonction de service public, pour se soumettre à l’intérêt et à la vision « pragmatique » des gestionnaires du capital et de l’emploi. On joue la formation de tout le monde contre la professionnalisation de chacun-e : le bénéfice d’un système qui privilégie la seconde solution va aux patrons, et fait trinquer avant tout les moins favorisé-e-s. Nous avons la prétention, sans doute outrancière du point de vue de l’actuel département de la formation, qu’il devrait en être inversement.

Le déficit est amorti, l’austérité est caduque

Il y a deux semaines, le Conseil d’Etat annonçait la nécessité d’ETS2 notamment « au vu des déficits des comptes 2013 et 2014 ». Aujourd’hui, il se gausse que « le solde des découverts 2013 et 2014 pourrait être ainsi intégralement amorti sur l’exercice 2016 ». Le déficit est amorti, l’austérité est caduque.
Syndicat SUD Étudiant-e-s et Précaires

Catégorie(s) : Communiqués de presse, Valais

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